J’ai décidé de quitter un CDI en or

Publié par Isabelle le

Quitter un CDI à l’heure où on parle de précarité d’emploi, c’est certes, un peu particulier.

Je vais d’abord me présenter en quelques lignes.

Mon parcours en quelques mots

Je m’appelle Isabelle, j’ai 39 ans.

II y a encore 3 ans j’étais chef de service dans une institution pour enfants et ados avec autisme.

J’avais commençé ma carrière dans le social et le médico-social en tant qu’éducatrice 17 ans plus tôt.

Et j’ai eu la chance d’occuper un poste qui me faisait rêver depuis longtemps.

Oui mais voilà, malgré tous les aspects séduisants de ce poste sur le papier, comme sur le terrain, je ne m’épanouissais plus.

Aujourd’hui, j’ai envie de partager cette période décisive de ma vie parce que malgré les obstacles que j’ai rencontrés, j’ai réussi.  Chaque fois que je rencontre quelqu’un qui rêve de quitter leur poste mais qui n’ose pas le faire, ça me rend malade.

Parce que tout est possible quand on y croit.

Flashback en 2015

Il y a 5 ans, j’accédais à un poste qui me faisait rêver depuis des années, celui de chef de service éducatif.

Voilà 5 ans que j’occupe ce poste. J’étais tellement fière quand j’ai su que j’étais recrutée! Une sorte de Graal, de truc inespéré auquel je ne pensais pas accéder si tôt dans la mesure où je n’avais même pas le diplôme requis.

Et puis, grâce à ma patience, une lettre de motivation hyper chiadée et une préparation sans faille pour mon entretien (avec l’idée que personne d’autre que moi ne pouvait être mieux placé pour le poste, même si je n’avais pas le diplôme), j’ai décroché le poste.

A 31 ans, j’étais une des plus jeunes cadres de la profession.

Ce poste est dans une structure à taille humaine, à 15 minutes de chez moi.

Je suis plutôt bien payée (env. 3000 euros par mois), j ‘ai beaucoup d’autonomie dans mon quotidien, une bonne entente avec l’équipe.

Sans compter que je ne travaille jamais les week-ends et que j’ai 9 semaines de vacances…

Alors pourquoi quitter un CDI avec des conditions de travail parfaites?

Et bien parce que malgré tous les avantages, je ne m’épanouis plus dans mon travail.

Plusieurs raisons à cela:

  • Changement de directeur l’année précédente à mon retour de congé maternité et donc plus les mêmes façons de travailler. Je ne suis pas en accord avec pas mal de ses decisions ce qui complique quand même un poil le quotidien
  • Je supporte de moins en moins l’inertie due au travail d’équipe. Ce qui pourrait se décider en 10 minutes prend la plupart du temps plusieurs heures, tout est discuté. Je fais mon possible pour que chacune s’y retrouve mais j’ai le sentiment que ce ne sera jamais assez bien et ça m’use!
  • Je pense boulot, je mange boulot, je rêve boulot… Et ça, ça n’est plus possible car j’ai toujours fait en sorte de prendre du plaisir dans mon travail…
  • J’ai eu un grave abcès de cornée un an et dem plus tôt, 3 semaines après la naissance de ma 2ème fille. J’ai failli perdre un oeil. Et cet épisode (dont je garderai des séquelles à vie), a commencé à me faire “voir” la vie et mes priorités autrement.
  • Je sens à cette période que ma famille commence à pâtir de mon mal-être avec mes sautes d’humeurs et je ne veux pas ça pour eux ni pour moi.

Il faut que je fasse quelque chose mais quoi?

Me faire financer une formation à 5000 euros en sachant que ce sera refusé car trop cher.

Depuis quelques temps, il y a une formation en hypnose qui m’interesse particulièrement. Sauf que

  • je dois m’absenter du boulot plusieurs semaines
  • elle coûte 5000 euros… En sachant que le plan de formation est d’environ 13000 euros/ an pour 47 salariés… je sais que ça ne passera pas.
  • il doit y avoir logiquement un lien avec mon job actuel pour espérer me la faire financer d’une manière ou d’une autre.

Quitter un CDI sans démissionner et avec une direction qui ne veut plus de ruptures conventionnelles

Mon projet pro est encore flou à ce moment là,  mais ce dont je suis sûre, c’est que je veux changer de boulot.

Lorsque je me projette dans le futur, je me vois avec un job passion et du temps et beaucoup plus de temps.

Du temps pour profiter de mes enfants et bien sur du temps pour moi. Du temps pour faire ce que j’aime pour profiter de la vie avec mon mari, mes filles, mes amis…

Le temps a cette valeur inestimable que le mieux payé de tous les jobs ne remplacera jamais si c’est pour être malheureux!

Alors oui, je sais que je vais quitter ce poste. Ce poste qui m’a fait rêver pendant des années. Ce poste auquel j’ai pris pourtant tant de plaisir au début…

Mais le temps passe. J’ai changé. Mes priorités aussi.

Alors je me lance ce défi fou de quitter ce CDI et ce poste en or.

Je sais alors que la plupart des gens ne comprendront pas mais c’est une question de survie. J’en ai besoin.

Je ne me vois pas continuer encore 30 ans à devoir composer avec les humeurs des uns et des autres; à me prendre la tête tous les soirs sur ce que je pourrais faire le lendemain…

Je ne veux pas passer ma vie à attendre mes vacances pour profiter de la vie. Je veux profiter de la vie tous les jours!

Comment m’y prendre?

Dans un premier temps, il s’agissait déjà de me faire financer cette formation.

Je ne savais pas encore ce que j’en ferai mais je savais que ça me ferait de l’air, rien que d’être formée à autre chose, de quitter le secteur social et médico-social que je ne supportais plus.

J’ai besoin d’espace pour réfléchir, pour trouver ce qui me fait vibrer véritablement.

Dans un deuxième temps, il me fallait négocier une rupture conventionnelle car hors de question de démissionner.

Le problème est qu’avec le changement de directeur, il y avait déjà eu beaucoup de départs de salariés et donc beaucoup de ruptures conventionnelles négociées les derniers mois.

Le Conseil d’Administration nous avait donc fait savoir quelques semaines plus tôt qu’il n’y aurait plus de départ sous ce mode.

En gros, si t’es pas content, tu démissionnes…

Hum sauf qu’impossible pour moi d’imaginer partir sans un minimum de filet de secours.

Chaque chose en son temps, j’allais déjà m’occuper de ma formation.

J’en profite aujourd’hui pour remercier la Vie et cet horrible abcès de cornée qui a été le début de ma prise de conscience! Comme quoi, dans chaque évènement, il y a une finalité, une raison d’être 🙂

 

Et vous, quel serait votre défi professionnel? Partagez le en commentaire 🙂

 

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